Partout dans le monde, on détecte des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans toujours plus de produits et de réseaux d'eau. Selon une étude de l’U.S. Geological Survey (Institut d'études géologiques des États-Unis), 71 à 95 millions d'Américains vivant sur le territoire continental des États-Unis — soit environ 25 % de la population — pourraient dépendre, pour leur approvisionnement en eau, d'une nappe contenant des niveaux détectables de PFAS. Dès lors que les PFAS rejoignent une usine d'eau potable, les coûts de traitement grimpent en flèche ; mais il existe des moyens d'empêcher ces contaminants de parvenir jusque-là. En ayant une longueur d’avance, ou « en remontant à la source », on peut réduire considérablement les coûts pour les municipalités et limiter l'exposition des communautés.
Les PFAS sont utilisés dans une grande variété de produits, des ustensiles de cuisine antiadhésifs aux emballages alimentaires, en raison de leur résistance à l'eau, aux graisses et à la chaleur. Cependant, du fait de ces mêmes propriétés, ils sont difficiles à décomposer et, par conséquent, à éliminer de notre approvisionnement en eau. De plus, l’Environmental Working Group a identifié la présence de PFAS chez plus de 600 espèces de faune sauvage dans le monde.
Lorsqu'une contamination est détectée, de nombreuses municipalités en sont réduites à prendre, dans l’urgence, des décisions concernant leurs infrastructures. À l'instar du programme national de prétraitement de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), remonter à la source permet de réduire le coût et la complexité de traitement des PFAS, en les traitant en amont de leur rejet dans les eaux de surface, ou de leur transfert dans les eaux usées qui finissent par rejoindre l’usine d'eau potable.
Un traitement en amont implique des volumes d'eau plus faibles et des concentrations plus élevées de PFAS. Il est ainsi plus efficace, en utilisant des équipements plus compacts et plus économiques. Cela revient à traiter 800 litres par minute en provenance d’un site industriel plutôt que 38 000 litres par minute dans une usine d'eau potable.
Dans certains cas, cela permet aussi d'isoler le coût d’élimination à la source par confinement plutôt que de supporter un coût bien supérieur, correspondant au débit total, qui est souvent répercuté sur les contribuables locaux.
Veolia a développé une large gamme de technologies de traitement qui répondent à des situations particulières et des budgets précis. S'agissant de traiter le problème en amont, les stratégies se répartissent généralement en trois catégories : simples, mesurées et complexes.
Trois niveaux de traitement
Les traitements les plus courants contre les PFAS sont l'absorption sur charbon, l'échange d'ions, l'osmose inverse et la nanofiltration. Le niveau de traitement le plus simple est appliqué lorsque les concentrations de PFAS sont faibles et celles des co-contaminants minimes. Ces cas se prêtent bien à des traitements comme le charbon actif en grain (CAG), utilisé dans la technologie LEAPfas™ de Veolia, ou le charbon actif en poudre (CAP), utilisé dans la technologie Actiflo® Carb.
Comme exemple de traitement simple, on peut citer le cas de la municipalité de Bellmawr, dans le New Jersey. Lorsqu'elle a détecté la présence de PFAS dans son réseau de captage, elle a fait appel à Veolia pour trouver une solution provisoire pendant l'élaboration d'un plan de traitement à long terme. Tenant compte d'un espace limité sur le site, Veolia a installé un système de traitement conteneurisé ne nécessitant pas de bâtiment et a rapidement mis en place une résine échangeuse d’ions. Ce système a assuré à Bellmawr une conformité anticipée avec la réglementation à venir sur les PFAS, lui laissant ainsi le temps de prévoir une solution permanente sans précipiter le processus.
Des concentrations plus élevées de co-contaminants, tels que les matières en suspension et les composés organiques présents dans les cours d'eau de surface, ajoutent de la complexité. Ces situations nécessitent souvent davantage d'équipements pour éliminer les PFAS. À ce stade, le traitement des PFAS peut reposer sur une combinaison de technologies et de stratégies innovantes visant à assurer un prétraitement afin de séparer les PFAS, ce qui permet aux installations d'optimiser leurs dépenses d'investissement et d'exploitation.
Les sites présentant des concentrations élevées de PFAS et des teneurs importantes en co-contaminants, comme c'est le cas des raffineries, des usines chimiques ou des sites d'enfouissement, relèvent des scénarios de traitement les plus complexes. Ces sites contiennent souvent des contaminants spécifiques, notamment des matières organiques, des matières en suspension, des huiles ou des métaux lourds, qu'il est préférable d'éliminer avant de traiter les PFAS. Si ces co-contaminants ne sont pas éliminés, cela est préjudiciable aux performances et aux coûts d'exploitation de la technologie de traitement des PFAS.
De nombreuses raffineries, par exemple, stockent sur place des mousses filmogènes aqueuses (AFFF), qui contiennent des PFAS et sont utilisées à des fins de lutte anti-incendie ou de formation du personnel. Après utilisation, ces produits chimiques peuvent s’infiltrer dans les eaux souterraines et se mélanger à d’autres polluants présents dans le sol et les eaux pluviales, ce qui rend le traitement des PFAS beaucoup plus coûteux.
Veolia conçoit des systèmes de traitement avancés et à grande échelle pour ce type de cas complexes. Ils peuvent traiter un large panel de polluants avant qu'ils ne pénètrent dans les réseaux hydrologiques. Bien que l'investissement initial soit plus élevé, le traitement des PFAS à la source permet d'éviter des impacts environnementaux bien plus conséquents et de réduire les coûts de dépollution à long terme en aval.
Comment Veolia peut vous aider
Qu'il s'agisse, pour une collectivité, de faire face à une pollution accidentelle ou de planifier pour anticiper les futures limites réglementaires, Veolia est en mesure d'élaborer la stratégie de dépollution des PFAS la plus adaptée. Notre plateforme BeyondPFAS propose une gamme complète de solutions qui contribue à un avenir plus sûr et plus propre. Des systèmes temporaires jusqu’aux installations de traitement à grande échelle, nos experts vous accompagnent à chaque étape, de la détection à l'élimination finale, en passant par les essais pilotes, le choix des technologies, l'installation et la maintenance.
Veolia possède l'envergure, l'expertise et la réactivité nécessaires pour relever tous les défis liés aux PFAS. Mener cette transformation écologique s'inscrit dans le cadre de sa stratégie GreenUp, qui vise à dépolluer, décarboner et régénérer nos ressources. Si votre collectivité étudie actuellement différentes options, contactez nos experts ; ils vous aideront à avancer dans votre projet de manière financièrement viable et responsable.
Pour plus d'informations sur nos solutions PFAS et pour consulter en intégralité notre clause de non-responsabilité technique, rendez-vous sur https://www.veoliawatertechnologies.com/en/pfas
Auteur | John Peichel
Responsable Initiative mondiale contre la propagation des PFAS, Veolia Water Tech