Le recyclage du plastique pose un problème de qualité. Un article de synthèse universitaire publié en octobre 2025 a révélé que les taux de recyclage mondiaux stagnaient à environ 8%. Les chercheurs ont identifié comme responsables les protéines et graisses présentes dans les restes alimentaires, ainsi que les détergents, solvants et pesticides, qui compliquent le recyclage des plastiques.
De nouvelles réglementations obligent les installations à redoubler d'efforts pour lutter contre la contamination, ce qui nécessite une expertise en traitement de l'eau. Le règlement européen relatif aux emballages et aux déchets d'emballages (Packaging and Packaging Waste Regulation, PPWR), entré en vigueur en février 2025, impose que les bouteilles de boissons en PET contiennent au moins 30 % de matières recyclées d'ici 2030, et 65 % d'ici 2040. C’est l’un des outils mis en œuvre par l’Union européenne pour atteindre les objectifs fixés dans le pacte vert pour l’Europe et le plan d’action en faveur de l’économie circulaire. Le PPWR vise à concevoir des emballages destinés à la réutilisation afin de faciliter leur recyclage. Cependant, le défi reste de recycler les emballages qui ne répondent pas à ces critères. En intensifiant le lavage de ces matériaux, la qualité des plastiques recyclés peut être améliorée.
Là où se joue la qualité
Dans le processus de recyclage mécanique du plastique, les étapes de lavage — en particulier la chimie à l’œuvre — déterminent la qualité du matériau recyclé. Les résidus non adhérents s’éliminent assez facilement par agitation mécanique. Mais les étiquettes, les adhésifs, les encres et colorants, les dépôts persistants et les composés organiques incrustés résistent aux forces de cisaillement mécaniques, même à des températures de 80 à 95 °C et à des pH de 11 à 12. Ce qui reste à l’intérieur et en surface des paillettes se retrouve dans les granules et, finalement, dans les produits finis recyclés.
Les résidus affectent les propriétés physiques, telles que la flexibilité, la rigidité, la dureté et la résistance aux chocs, ainsi que l’odeur du plastique recyclé. Prenons l'exemple des tableaux de bord de voiture fabriqués à partir de polymères recyclés : si le plastique n'a pas été nettoyé en profondeur lors du recyclage, les composés organiques volatils (COV) incrustés dans le matériau peuvent dégager des odeurs désagréables lorsque le tableau de bord chauffe au soleil. Au lieu d'une odeur de voiture neuve, il dégage l'odeur d'une station d'épuration.
Avec l'entrée en vigueur des obligations de l'UE en matière de contenu recyclé, l'écart entre les produits de haute qualité et ceux de faible qualité se creuse. Le recyclage « bottle-to-bottle » du PET est la norme la plus exigeante. Le matériau doit être suffisamment propre pour être réutilisé dans le même type d'application qu’à l’origine, en contact avec des boissons, dans le respect d’une législation stricte sur la sécurité alimentaire en vigueur dans les différents pays. Les recycleurs dont le processus de lavage permet d'obtenir un produit de qualité alimentaire pourront pratiquer des prix plus élevés. Ceux dont la production n'est pas à la hauteur verront leurs options se réduire à mesure que la réglementation se durcit.
Agents nettoyants et contrôle de la mousse
Une chimie de nettoyage adaptée fait une différence notable dans le processus de lavage à chaud. Le programme ReCIRC™ de Veolia comprend un agent nettoyant spécialement conçu pour les conditions exigeantes du recyclage mécanique du plastique : un mélange à pH neutre de tensioactifs et de dispersants peu moussants qui délogent les adhésifs, graisses et résidus alimentaires de la surface du plastique et empêchent leur redépôt à des températures pouvant atteindre 95 °C. Utilisé lors du lavage à chaud, il cible les contaminants que les forces mécaniques seules ne peuvent pas éliminer.
Le faible pouvoir moussant est une caractéristique essentielle. Lors du processus de lavage, l’agitation vigoureuse génère une importante quantité de mousse à partir des résidus de shampoings, détergents, produits alimentaires et autres substances contenant des tensioactifs présents sur les plastiques entrants. Tout agent nettoyant qui alourdit la charge de mousse crée plus de problèmes qu'il n'en résout.
Le contrôle de la mousse est une préoccupation opérationnelle constante, et Veolia propose plusieurs produits antimousse sous la marque ReCIRC. Les matériaux entrants varient d'un lot à l'autre, et un chargement présentant beaucoup de résidus de détergents ou de produits alimentaires peut mettre à rude épreuve un système qui fonctionnait parfaitement jusque-là. Les produits antimousse sont indispensables à tout programme de traitement pour le recyclage mécanique, agissant en complément des agents nettoyants pour maîtriser la formation de mousse et assurer le bon déroulement du processus.
Une vision complète de l'eau
La chimie de nettoyage concerne ce qui se passe durant le lavage. Mais ce qu'il advient de l'eau de lavage au fil du temps, et la gestion du flux d'eaux usées par la suite, sont tout aussi importants pour la qualité du produit et les coûts d'exploitation.
La qualité de l'eau de lavage se dégrade à l'usage. Les contaminants s'accumulent, et si l'eau n'est pas surveillée et renouvelée à intervalles réguliers, les recycleurs finissent par laver le plastique dans une eau de plus en plus sale. L'eau de lavage usagée passe par une unité de flottation à air dissous (DAF) où les solides sont éliminés à l’aide de coagulants et de floculants. De là, une partie de l'eau est recyclée dans le processus de lavage avec ajout d'eau claire, le reste étant acheminé vers le traitement des eaux usées.
Une surveillance approfondie et continue des opérations de lavage et de sa qualité nécessite des outils dédiés et l’expertise pour interpréter les données. Veolia propose des services et des solutions basés sur des décennies d’expérience, et assure systématiquement la réussite des projets pour ses partenaires dans le monde entier.
L'approche de Veolia consiste à établir des relations à long terme avec ses clients recycleurs pour favoriser l'amélioration continue en matière de durabilité et d'efficacité opérationnelle. Au cœur de la stratégie de Veolia, le Programme de création de valeur (Value Generation Program, VGP) offre un cadre complet destiné à aider les clients à atteindre leurs objectifs commerciaux et de durabilité. Au travers du VGP, Veolia encourage une communication ouverte et proactive, garantit la santé et la sécurité des équipes de travail, et met en place des « projets de valeur » visant à réduire l'empreinte écologique et le coût total d’exploitation.
Une fois chaque projet achevé et sa valeur certifiée par les clients, Veolia récompense les équipes impliquées afin de reconnaître et d’encourager leur engagement en faveur de la transition écologique. Ce processus garantit que Veolia reste en phase avec les besoins et les défis en constante évolution de ses clients, permettant ainsi le développement de solutions sur mesure qui répondent à la fois aux préoccupations immédiates et aux objectifs de développement durable à long terme.
Et ensuite ?
Au-delà du recyclage mécanique, le recyclage chimique par pyrolyse est une voie émergente qui permet de traiter des plastiques impossibles à gérer par les méthodes mécaniques. Veolia développe de nouvelles catégories de produits pour des applications de recyclage avancées, notamment des abaisseurs de point d’écoulement, des anti-encrassants et des stabilisants d’oxydation — tous sous la marque ReCIRC.
Alors que la pression réglementaire et la demande du marché en contenu recyclé ne cessent de croître, les entreprises de recyclage auront besoin, pour rester compétitives, de traitements de l'eau et de traitements chimiques de plus en plus sophistiqués — et d’un partenaire ayant des décennies d'expertise dans le domaine de l'eau, s’appuyant sur les ressources d'une entreprise qui opère sur l'ensemble de la chaîne de valeur du recyclage.
Contactez Veolia pour découvrir comment le programme ReCIRC peut améliorer l'efficacité de vos opérations de recyclage, la qualité de vos produits et votre performance environnementale.
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Auteur | Jeroen Billen
Responsable R&D chez Veolia Water Tech