Le phoque annelé du Saimaa est l'un des mammifères les plus rares au monde. Sa population n'est plus que de 500 individus environ, selon le Fonds Mondial pour la Nature (WWF), et ils ne vivent qu'à un seul endroit : un système lacustre finlandais où ils sont enclavés depuis que l'élévation du sol, après la dernière période glaciaire, a coupé leur lien avec la mer. Ce sont des phoques d'eau douce, au pelage foncé, dont la reproduction est lente et qui dépendent presque entièrement de la neige.
Les femelles phoques mettent bas fin février et début mars, dans des tanières qu’elles creusent dans les bancs de neige sur les rives du lac Saimaa. Ces tanières protègent les nouveau-nés des prédateurs, des perturbations et de la rigueur hivernale finlandaise. Les hivers finlandais s’étant cependant adoucis, ces bancs de neige sont devenus plus minces et plus difficiles à trouver ; il faut donc que quelqu’un les construise.
Sur le lac Saimaa, l'hiver dernier, par une température de -25 °C et sous un vent glacial, un groupe d'employés de Veolia s'est ainsi porté volontaire pour accomplir cette tâche. Sous la houlette de Metsähallitus, l'agence finlandaise en charge des parcs et de la faune sauvage, notre équipe s'est jointe à une initiative de longue date visant à construire à la main des congères artificiels. Les résultats sont significatifs pour la survie de cette espèce : en 2025, 85 % des bébés phoques annelés du Saimaa ont trouvé refuge dans des abris de ce type.
Cette année, le thème du Jour de la Terre, Notre pouvoir, notre planète, part d’une idée simple : les avancées environnementales sont le fruit d’un travail constant mené par les gens là où ils vivent. C’est le genre de progrès qui ne fait pas toujours la une des journaux et qui tient rarement en une seule journée du calendrier. Chez Veolia, cette idée se concrétise notamment dans Veolia Cares, un programme qui permet à chaque collaborateur de bénéficier d’un jour de congé payé par an pour se consacrer bénévolement à la cause de son choix. Si le Jour de la Terre a lieu chaque année le 22 avril, le travail qu’il représente, celui qui tient tant à cœur à Veolia, suit son propre calendrier.
D’un lac gelé à une plage des Caraïbes
Les nurseries de phoques ne sont qu’un exemple parmi d’autres. Au cours de l’année écoulée, les journées Veolia Cares ont conduit nos collaborateurs sur les littoraux, dans les forêts, dans les quartiers urbains et dans les salles de crise.
En France, des employés se sont associés à la Fondation Veolia et à Médecins Sans Frontières (MSF) pour participer à un « mapathon » — une forme de bénévolat qualifié dans le cadre duquel les participants exploitent des images satellites afin de cartographier les routes, les bâtiments et les points de repère dans les régions où interviennent les équipes de MSF. Grâce à des cartes plus précises, les travailleurs humanitaires parviennent plus rapidement auprès des patients en situation d’urgence. C'est un rappel que la protection des personnes et celle de leurs lieux de vie relèvent souvent d’une même mission.
Dans toute la région des Caraïbes, des équipes d'Anguilla, d'Aruba, des Îles Vierges britanniques, de la Jamaïque et de Trinité-et-Tobago se sont rendues sur les plages environnantes et ont retiré plus de 90 kg de verre, de plastique et de polystyrène jonchant le littoral, qui est le pilier tant des écosystèmes marins que des économies locales.
En Algérie, l'équipe de l'usine de dessalement de Hamma s'est associée à United Hussein Dey, un organisme local à but non lucratif, pour une journée « GreenUp » consacrée à la plantation d'arbres et au ramassage des déchets plastiques.
En Amérique latine, les actions ont porté à la fois sur l'environnement et le social, avec des plantations d'arbres au Chili, des campagnes de dons au Mexique et des ateliers d'artisanat durable au Brésil en faveur des personnes en situation de handicap. En Chine, à Hangzhou, Changshu et Wuxi, des bénévoles ont engagé des randonnées communautaires et des initiatives de lecture conjointement à des opérations de nettoyage de l'environnement, conciliant ainsi santé publique et protection de l'environnement au cours d'un même après-midi.
L'action entre les journées de bénévolat
Les journées de bénévolat sont l’une des illustrations du thème du Jour de la Terre. Le travail quotidien lié au traitement de l’eau en est une autre, et il a lieu dans certains des mêmes écosystèmes où nos employés se rendent de leur propre initiative.
À quelques centaines de kilomètres au sud-ouest du lac Saimaa, le fjord d'Oslo est dans un état critique. Des décennies de pollution par les nutriments provenant d'eaux usées insuffisamment traitées ont conduit à un appauvrissement en oxygène, à des proliférations d'algues et à un déclin brutal des populations piscicoles dans l'un des environnements marins les plus importants de Scandinavie.
En partenariat avec MOVAR, la société intercommunale d’eau et d’assainissement desservant la région de Moss, Veolia procède à la modernisation de la station d’épuration de Fuglevik pour traiter les eaux usées de 85 000 habitants en réduisant considérablement les rejets dans le fjord. L'installation modernisée intègre le procédé Hybas™ IFAS de Veolia, avec réacteur à biofilm à lit mobile, et la technologie de bioréacteur à membranes ZeeWeed*. Elle est conçue pour éliminer 99 % des microplastiques et particules, et au moins 70 % de l'azote, dans les eaux usées traitées. Un système de valorisation du phosphore permettra de transformer les nutriments piégés en engrais organique plutôt que de les mettre en décharge. Les travaux sont en cours et la mise en service est prévue pour 2029.
C'est animés de ce même esprit que nos collaborateurs s'aventurent sur un lac gelé en février : la prise de conscience que de la qualité de l’eau dépend tout le reste, et que sa protection est l’œuvre de tous les jours.
Les bébés phoques n’attendent pas le printemps. Le littoral ne se nettoie pas de lui-même entre deux interventions. Les fjords ne se régénèrent pas au gré de l’actualité. Le pouvoir auquel renvoie le thème de 2026 est celui qui se manifeste dans le froid de février, sur le sable des Caraïbes, devant un ordinateur quand il s'agit d'aider une équipe humanitaire à trouver son chemin, et dans le lent travail technique de protection de l’eau.
Auteur | Teresa Ortigosa
Directrice monde Développement durable, Veolia Water Tech