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4 étapes pour devenir un meilleur gestionnaire de l’eau

Teresa Ortigosa
par Teresa Ortigosa
02 juin 2026
5 minutes pour lire
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    Au début de cette année, les Nations unies ont déclaré que le monde était confronté à une « faillite hydrique mondiale ». Pas à un stress. Pas à une crise. À un état dans lequel de nombreux réseaux hydrologiques ne pouvaient plus revenir à leurs niveaux historiques, quelles que soient nos interventions.

    Ce recadrage devrait changer fondamentalement la façon dont les entreprises envisagent l’eau et les inciter à œuvrer pour la sécurité environnementale. Selon AQUASTAT, les prélèvements mondiaux d’eau douce ont augmenté de 630 % entre 1900 et 2010, tandis que sur la même période la population mondiale a été multipliée par quatre environ. L’industrie et l’agriculture sont à l’origine de cet écart. Et les coûts de l’inaction sont de plus en plus difficiles à ignorer. Selon l’Alliance for Water Stewardship, une entreprise sur cinq rapporte désormais des risques hydriques importants dans ses chaînes d’approvisionnement, affectant des milliards de dollars d’actifs.

    La plupart des entreprises gèrent l'eau uniquement au niveau du site. C'est un début, mais ce n'est pas de la gestion responsable. Une véritable gestion responsable de l'eau nécessite de comprendre le fonctionnement de la chaîne d'approvisionnement en eau et les effets que les entreprises ont sur celle-ci.

    Voici quatre mesures que tout secteur d’activité peut adopter pour passer d'une gestion élémentaire de l'eau à une véritable gestion responsable.

    Connaître votre eau
    Les hydrologues classent l'eau par type, et chaque catégorie vous renseigne différemment sur votre exposition et votre impact.

    Ainsi, l'eau bleue désigne l'eau douce que l'on trouve dans les rivières, les lacs et les aquifères, les sources dans lesquelles la plupart des entreprises et des municipalités s'approvisionnent directement. Selon l'Institut international de gestion de l'eau (International Water Management Institute, IWMI), environ 40 % des précipitations tombant sur le sol deviennent de l'eau bleue. L'eau verte, qui selon l'IWMI représente les 60 % restants, est l'humidité retenue dans le sol et absorbée par les plantes. L'eau verte apparaît rarement dans le bilan hydrique d'une installation, pourtant elle soutient les chaînes d'approvisionnement agricoles dont dépendent de nombreuses industries. L'eau grise correspond aux eaux usées qui ont été traitées pour être réutilisées à des fins non potables telles que le refroidissement, l'irrigation, l’appoint des procédés ou d'autres applications ne nécessitant pas une qualité d'eau potable.

    La plupart des entreprises n’assurent le suivi que de l'eau bleue — c'est-à-dire de la quantité d'eau qu'elles prélèvent sur le réseau municipal ou dans un puits local. Mais en identifiant ces trois catégories, on obtient une image bien plus précise de son empreinte hydrique réelle et de ses vulnérabilités Un fabricant agroalimentaire, par exemple, pourra ainsi constater que 85 % ou plus de l'eau contenue dans ses produits est de l'eau verte liée aux matières premières agricoles. Si une sécheresse vient à toucher les régions de culture, aucun traitement sur site ne pourra résoudre le problème d'approvisionnement.

    Un audit de l’eau complet caractérise tous les flux d'eau au sein de votre site, identifie les points de perte ou de gaspillage, et établit un bilan hydrique détaillé qui révèle où les améliorations auront le plus d'impact. Sans cette base de référence, les étapes suivantes ne sont que des conjectures.

    Traiter l’eau que vous utilisez et celle que vous rejetez
    Une fois que vous avez cerné votre consommation d'eau, l'étape suivante consiste à améliorer quantitativement et qualitativement votre gestion de l'eau au niveau du site.

    Sur le plan quantitatif, cela implique de réduire la consommation grâce à l'optimisation des procédés, de recycler l'eau de procédé lorsque les normes de qualité le permettent, et de récupérer l'eau dans les flux de déchets. Sur le plan qualitatif, cela signifie s'assurer que l'eau que vous rejetez respecte ou dépasse les normes locales, car des rejets de mauvaise qualité dégradent les sources d'eau douce dont vous et vos voisins dépendez en aval. C'est là que la technologie de traitement de l'eau a l'impact le plus direct. 

    Le traitement aérobie des eaux usées, l'échange d'ions, les systèmes d'osmose inverse et les membranes spiralées permettent de récupérer l'eau qui, à défaut, serait perdue lors du rejet, tout en améliorant la qualité de l'eau réintroduite dans l'environnement. L'argument financier est souvent évident : des volumes prélevés plus faibles réduisent les coûts, et des cycles de concentration plus élevés dans les systèmes de refroidissement se traduisent par moins de purge et moins d'eau d'appoint. Le risque de temps d'arrêt dû à la sécheresse ou à une baisse de la qualité de l'eau provenant d'un bassin versant local est moindre également.

    Au-delà des économies, les exigences réglementaires se durcissent dans le monde entier. La directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (Corporate Sustainability Reporting Directive, CSRD) de l’UE impose à plus de 90 000 entreprises européennes de publier leurs risques et dépendances liés à l'eau, et des cadres similaires gagnent du terrain dans d'autres régions. 

    Collaborer au sein de votre bassin versant
    Si chacune des entreprises puisant dans le même bassin versant optimise ses pratiques de manière indépendante, sans tenir compte de l’impact cumulatif, la ressource partagée continue de se dégrader. Une véritable gestion responsable de l’eau nécessite de comprendre qui d’autre puise dans les mêmes sources, quel est le rapport entre la demande collective et l’offre, et où des investissements communs pourraient donner de meilleurs résultats que des initiatives individuelles.

    L’Alliance for Water Stewardship (AWS) fournit un cadre structuré précisément pour ce type d'engagement. Sa norme internationale aide les sites à comprendre leur contexte hydrique, à prendre des mesures concrètes et à dialoguer avec les parties prenantes locales. Plus de 400 sites dans le monde sont désormais certifiés AWS, et la dernière version de la norme s'aligne sur la CSRD et le Groupe de travail sur la publication d’informations financières relatives à la nature (Taskforce on Nature-related Financial Disclosures, TNFD).

    Pour les entreprises opérant dans des régions soumises à un stress hydrique, ce type de collaboration est une question pratique de survie opérationnelle. Lorsque plusieurs gros utilisateurs se disputent un approvisionnement en baisse, les tensions avec les communautés locales et les régulateurs s’intensifient. Les entreprises qui participent à la gouvernance collective de l’eau ont beaucoup plus de chances de conserver l’accès à l’eau dont elles ont besoin.

    Tendre vers la positivité hydrique
    La dernière étape du parcours de gestion responsable consiste à apporter davantage à votre réseau local d’approvisionnement en eau que ce que vous en tirez. Il s’agit de l’objectif le plus ambitieux, et il n’en est encore qu’à ses débuts pour la plupart des industries. Mais un nombre croissant de grandes entreprises se sont engagées publiquement à la positivité hydrique d’ici les prochaines années.

    La positivité hydrique consiste à reconstituer les ressources en eau locales par la conservation, la restauration des bassins versants et la réutilisation responsable. Elle nécessite d’investir dans la santé des systèmes naturels, tels que les zones humides, l’humidité des sols et les zones de recharge des aquifères qui stockent et filtrent l’eau.

    Certains de ces investissements font appel à la technologie. Traiter et réutiliser les eaux usées à des taux plus élevés, utiliser des sources d’eau alternatives telles que les effluents municipaux traités ou l’eau de pluie collectée, et mettre en place des systèmes en circuit fermé : toutes ces mesures permettent de réduire le prélèvement net sur les réserves locales d’eau douce. D’autres impliquent des engagements environnementaux plus larges, comme la restauration des zones humides dégradées ou le soutien au reboisement dans les bassins versants afin d’améliorer la rétention d’eau.

    La positivité hydrique ne peut être atteinte par une seule entreprise agissant seule. Elle nécessite une collaboration à l'échelle du bassin versant, qui se prolonge dans des investissements à long terme bénéficiant à l'ensemble du réseau hydrologique local.

    Chez Veolia, nous accompagnons nos clients industriels et municipaux à chaque étape de ce parcours, depuis les premiers audits de l’eau jusqu’aux systèmes de traitement qui améliorent la qualité et la récupération de l’eau, en passant par des partenariats à long terme qui contribuent à une gestion durable de l’eau. Ces solutions sont au cœur du plan stratégique GreenUp de Veolia, qui vise à accélérer la transformation écologique des villes et des industries tout en préservant les ressources pour l’avenir. Contactez nos experts pour initier un échange sur la situation actuelle de votre entreprise et sur la prochaine étape à franchir.

    Teresa Ortigosa

    Auteur | Teresa Ortigosa

    Directrice monde Développement durable, Veolia Water Tech

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